Après une belle escapade à Kinosaki onsen, nous poursuivons notre voyage nippon vers Amanohashidate, l’une des trois plus célèbres vues du Japon. Surprenant panorama balnéaire, son banc de sable scinde le paysage en deux, sorte de vision onirique. Au nord de la préfecture de Kyoto, ce décor enchanteur est pourtant souvent méconnu des voyageurs. Tel un pas de côté, Amanohashidate se dévoile aux visiteurs curieux, étonnant paysage balnéaire dans la baie de Miyazu. Accessible et préservée, pittoresque et merveilleuse, je vous partage ma journée ensoleillée à la découverte d’Amanohashidate.
Sommaire
- Amanohashidate, l’une des trois célèbres vues du Japon
- Les abords de la gare et les télésièges d’Amanohashidate
- Le panorama mirifique sur Amanohashidate
- L’Amanohashidate Viewland, petit parc d’attraction
- Le Temple Chion-ji et son allée commerçante
- Le pont Kaisen et la traverser du banc de sable
- Coucher du soleil et parc de Kasamatsu
- Nuit à Amanohashidate au Kagoya Mizunoto
- Comment se rendre et se déplacer à Amanohashidate ?
- Amanohashidate, mon avis
Amanohashidate, l’une des trois célèbres vues du Japon


Après notre séjour à Kinosaki onsen et ses sources chaudes, nous partons vers Amanohashidate, réputée pour faire partie des trois célèbres vues de l’archipel. Image d’Épinal pour les japonais, le Nihon Sankei fut établi au XVIIᵉ siècle par le philosophe Razan Hayashi et recense les trois célèbres vues du Japon. Assez peu connus des voyageurs étrangers, le banc de sable d’Amanohashidate est l’un de ces paysages, tout comme le sanctuaire d’Itsukushima à Miyajima et les quelques 260 îlots de Matsushima.
Les abords de la gare et les télésièges d’Amanohashidate


Depuis Kinosaki onsen, nous fendons la campagne japonaise. Le long des rails, le trajet est féerique, notamment sur la ligne Tantetsu Miyamai-Miyatoyo, succession de décors champêtres. À quelques minutes de la gare d’Amanohashidate, un observatoire offre un panorama saisissant sur le banc de sable en contrebas. Deux options permettent de l’atteindre : un classique funiculaire, ou plus atypique, des télésièges. Le trajet se fait tout en douceur, ponctué par une petite musique d’ambiance, c’est résolument une expérience à faire !
💡Petite info : Mi-rassurés d’avoir les jambes dans le vide, nous appréhendons un peu l’ascension en télésiège. Mamies japonaises avec leur chien sur les genoux et enfants en bas âge passent sans crainte et nous rassurent quant à la sécurité, toujours irréprochable au Japon.
Le panorama mirifique sur Amanohashidate

Au sommet du mont Monju, la vue est juste splendide. Sous le soleil de novembre, le littoral dentelé se détache sous le ciel céruléen, beauté millénaire et immuable. Le paysage, résolument inhabituel, parait presque irréel. La bande de sable semble flotter sur l’eau et son classement au sein du Nihon Sankei est loin d’être usurpé. D’un point de vue géologique, ce phénomène est appelé tombolo, il s’agit « d’un cordon de sédiments qui relie deux zones terrestres ».
Tradition millénaire, les visiteurs s’adonnent au matanozaki, une position qui consiste à se mettre de dos et observer la vue la tête entre ses jambes ! Ainsi, le banc de sable s’apparente à un « pont dans le ciel ». D’autres voient davantage un dragon volant, l’hiryūkan.


L’Amanohashidate Viewland, petit parc d’attraction


Au-delà du somptueux panorama, l’Amanohashidate Viewland est un petit parc de loisirs. Curieusement, les attractions ne dénaturent pas la vue. Au contraire, leur côté quelque peu défraichi lui confère même un charme désuet. Plébiscités par les familles japonaises, les petits s’en donnent à cœur joie entre les vélos, le tir à l’arc, le petit train et les innombrables activités qui leur sont dédiées. Pour les jeunes couples, les spots photos en forme de cœur sont particulièrement populaires.
💡Petite info : Très bon enfant, la descente en télésiège offre une vue vraiment spectaculaire sur le banc de sable d’Amanohashidate. Petits et grands se laissent prendre au jeu à travers ce charmant moyen de locomotion.
Le Temple Chion-ji et son allée commerçante


En direction du banc de sable, une petite allée commerçante précède le Temple Chion-ji. L’ambiance balnéaire mêlée à son esprit zen est particulièrement agréable. Après son imposante porte en bois, le sol sableux se mêle à la plage attenante. Fondé en 808, les étudiants prient pour la réussite scolaire auprès de Monju Bosatsu, la divinité de la sagesse. Sous la brise iodée, des dizaines de petits éventails en bois frémissent entre les branches des pins. En effet, habituellement de simples papiers divinatoires, les omikuji prennent au Chion-ji une apparence originale. Si la prédiction s’avère malchanceuse, ils sont accrochés aux arbres pour contrer la mauvaise fortune.
💡Petite info : À l’intérieur de l’Amanohashidate Hotel, un ashiyu, bain de pied japonais, permet d’apprécier une jolie vue sur la baie de Miyazu gratuitement.
Le pont Kaisen et la traverser du banc de sable

Tout proche, le pont Kansenkyo annonce le début de la bande de sable. Véritable spectacle, ce dernier pivote afin que les bateaux puissent passer. D’une longueur d’environ 3,6 kilomètres, nous traversons le tombolo à pied, au gré d’une magnifique promenade. Sous la pinède ombragée, le décor est comme magnifié. Alternance d’ombre et de lumière, les plages mirifiques jalonnent le rivage azuré. Des gens se baladent à vélo, d’autres admirent le paysage, contours de silhouettes alanguies dans le sable. Les statuettes jizo tracent le chemin sous les quelques milliers de pins. Les douches de plage présagent une forte affluence en été, mais dans la quiétude d’un jour de novembre, la sérénité d’Amanohashidate me semble inégalable.


💡Petite info : À pied, la balade dure environ une heure. À vélo, comptez une vingtaine de minutes à vélo. Les promenades en bateau sont également possibles.
Coucher du soleil et parc de Kasamatsu

La lumière décline peu à peu lorsque nous arrivons de l’autre côté du banc de sable. Les teintes orangées du ciel se reflètent le long des berges. Au crépuscule, nous visitons le sanctuaire Motoise Kono-jinja. Par manque de temps, nous n’avons pas visité le second observatoire dans le parc de Kasamatsu. Dans les hauteurs, le temple Nariaiji et sa pagode à cinq étages réservent apparemment une belle visite, surplombant la baie de Miyazu. Les rues sont désertes et nous gagnons notre logement du soir, proche de l’embarcadère des bateaux de plaisance.


Nuit à Amanohashidate au Kagoya Mizunoto


Nous logeons au Kagoya Mizunoto Auberge, un superbe hébergement en demi-pension. L’adorable monsieur nous réserve un accueil chaleureux, omotenashi japonaise incomparable. Ce dernier tient un restaurant au bord de l’eau, à l’orée du banc de sable. À la nuit tombée, les quelques boutiques de la ruelle ferment et son établissement s’apparente à un véritable cocon. Les quelques chambres, situées dans l’arrière-cour rénovée, se veulent modernes et confortables.
Au dîner, nous mangeons de l’unagi, l’anguille japonaise, un met raffiné accompagné de soupe miso et de pickles, l’un de nos meilleurs repas lors de notre voyage au Japon. Le lendemain, nous visiterons le village de Ine et ses maisons des pêcheurs, après un excellent petit déjeuner nippon.
Comment se rendre et se déplacer à Amanohashidate ?


Étonnamment facile d’accès, la ligne Hashidate Limited Express relie Kyoto à Amanohashidate en deux heures trente. Le trajet direct offre une belle porte d’entrée vers les splendeurs alentours comme les funaya de Ine ou les sources chaudes de Kinosaki onsen, dans la préfecture de Hyogo. À Amanohashidate, il est aisé de se déplacer à pied. Des loueurs de vélo, télésièges, balades en bateau offrent une myriade de possibilités pour explorer Amanohashidate.
Amanohashidate, mon avis

Les avis divergent beaucoup quant à Amanohashidate, qui selon certains ne mérite pas forcément son classement au sein du Nihon Sankei. Pour ma part, j’ai adoré ma journée à Amanohashidate sous l’égide du soleil. La lumière incroyable couplée à la quiétude d’un jour de novembre, l’ambiance locale et la beauté du rivage m’ont charmé. Les habitants sont très accueillants, et apprécient que des occidentaux s’aventurent hors des sentiers battus. Loin de l’affluence kyotoïte, ce fut une escapade particulièrement pittoresque lors de notre voyage de trois semaines au Japon. En revanche, par temps nuageux, le banc de sable peut perdre de sa splendeur, rendant la visite plus agréable lors d’une belle journée ensoleillée.

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