Une journée en kimono à Kyoto

Une journée en kimono à Kyoto - Au gré des continents

Au Japon, le kimono revêt un usage millénaire. Expérience immersive par excellence, je rêvais de passer une journée en kimono à Kyoto. Déambuler dans ses ruelles pittoresques en tenue traditionnelle, comme l’apothéose d’un voyage au pays du Soleil levant… Entre excitation et appréhension, j’avais peur du ridicule, d’attirer les regards désapprobateurs, de l’appropriation culturelle… Finalement, au gré de superbes pérégrinations séculaires, de belles rencontres et de souvenirs kawaii, ce fut l’un de mes beaux souvenirs nippons… Je vous partage donc ma journée en kimono à Kyoto, pour vous aider à préparer la vôtre.

Sommaire

  1. Balade à l’aube dans le quartier d’Higashiyama
  2. La boutique de location de kimono
  3. Les alentours du temple Hokan-ji
  4. Une journée en kimono à Kyoto et la rue Sannenzaka
  5. Visite du sanctuaire Kiyomizu-dera en kimono
  6. La rue Ninenzaka et sa boutique Ghibli
  7. Le temple Ryozen Kannon
  8. Le sanctuaire Yasaka-jinja
  9. Une pause méridienne au parc Maruyama
  10. Balade en kimono vers l’Heian-jingu et ses jardins
  11. Fin de journée en kimono à Kyoto, retour à la boutique
  12. Soirée autour de la gare de Kyoto
  13. Où louer un kimono à Kyoto, quelle boutique choisir ?
  14. Une journée en kimono à Kyoto, mon avis

Balade à l’aube dans le quartier d’Higashiyama

Ce matin, je quitte ma superbe guesthouse Kyoto Compass à l’aube, impatiente de ma journée en kimono dans Kyoto. Avant l’ouverture de la boutique de location, je profite de la quiétude de l’aurore dans le quartier traditionnel d‘Higashiyama. Dans la pâle lueur du jour naissant, les ruelles désertes semblent figées d’une beauté sereine.

💡Petite info : Pour ne pas avoir froid en hiver, un tee-shirt col en v et un legging à mi-mollet sont idéaux. Discrets, ils gardent au chaud sous le kimono. Les konbini, supérettes japonaises, vendent des chaufferettes à coller par-dessus les vêtements, invisibles et pratiques.


La boutique de location de kimono

➡️Ouverture : 9h00-17h30

La boutique de kimono est idéalement située, au pied de la pagode Hokan-ji, au coeur du quartier d’Higashiyama. Pour profiter du kimono toute la journée, j’ai réservé le premier créneau, dès l’ouverture du magasin. Unique cliente, la sympathique conseillère m’oriente en anglais vers les différents modèles. Les tissus sont de bonne qualité et le choix conséquent. J’opte finalement pour un kimono vert pâle et une ceinture obi dans les tons crèmes.

Direction ensuite les cabines d’essayage. Après une première sous-couche, les deux habilleuses s’activent autour du kimono auquel s’ajoutent de superbes détails en dentelles. S’ensuit la mise en beauté, coiffage et maquillage, compris dans le forfait sélectionné. Le look final est complété par un sac assorti et les fameuses geta, les chaussures traditionnelles. Le résultat est magnifique.

💡Petite info : Vous pouvez garder vos chaussures de ville ou enfiler des geta, les sandales traditionnelles. Agréablement surprise, je n’ai pas eu mal aux pieds, elles étaient très confortables et m’ont permis de vagabonder dans Kyoto en kimono toute la journée.


Les alentours du temple Hokan-ji

Comment s’y rendre ? 2 mins à pied depuis la location de kimono

Dès la sortie de la boutique, je suis pleinement immergée dans l’ancienne capitale impériale. Une douce lumière enveloppe la célèbre pagode Hokan-ji sous le ciel céruléen. Tout proche, le petit mais coloré sanctuaire Yasaka Koshin-do est très populaire pour les séances photos en kimono. Les couples accompagnés de leur photographe se faufilent entre les kukurizaru, pelotes aux mille et une couleurs illustrant les prières des fidèles. J’ère dans les petites ruelles alentours bordées de pittoresques maisons de thé. Kyrielle de petits cafés jalonnent les allées traditionnelles encore peu fréquentées.


Une journée en kimono à Kyoto et la rue Sannenzaka

Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied

Vers la rue Sannenzaka, les lieux se font plus fréquentés. Image d’Épinal du Japon, elle relie la pagode Hokan-ji au célébrissime sanctuaire Kiyomizu-dera. Le temps est magnifique, et je m’imprègne de la mirifique atmosphère kyotoïte. À mi-parcours, la Yasaka pagoda Photogaph Spot est particulièrement photogénique. Au début, j’ai dû sortir de ma zone de confort pour demander quelques clichés à des inconnus. Finalement, je croise deux françaises, venant de la même boutique de kimono avec lesquelles je sympathise.

💡Petite info : Dans la rue Sannezaka, on trouve une large gamme de boutiques, du made in China aux échoppes d’artisanat local. Je repère quelques souvenirs et décide de revenir le soir, après avoir rendu le kimono, pour ne pas me surcharger.


Visite du sanctuaire Kiyomizu-dera en kimono

Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied

➡️Ouverture : 6h00-18h00

À l’orée de l’allée Sannezaka s’érige le sublime sanctuaire Kiyomizu-dera. Fondé en 780, son architecture à flanc de falaise mêlée à sa dense végétation lui confère une aura singulière. Dès l’entrée, les premiers édifices se veulent massifs et insondables. Enchevêtrement de pavillons et de pagodes, la terrasse boisée suspendue à 13 mètres de hauteur dévoile un panorama unique sur Kyoto en contrebas.

Le cœur du sanctuaire réside au pied de la cascade Otowa. La chute se divise en trois ruisseaux, chaque source ayant sa propre vertu. Réussite aux examens, amour ou longévité, boire aux trois annulerait cependant leurs bienfaits. Au cours de la balade, je reçois de nombreux compliments sur ma tenue traditionnelle. Je me fonds parmi les autres visiteurs en kimono, au gré d’élégants petits pas feutrés.

💡Petite info : À l’aube, la visite du Kiyomizu-dera nimbée de brume est particulièrement féerique. Au printemps et à l’automne, lors des sakura et koyo, les illuminations nocturnes du sanctuaire s’admirent à la nuit tombée.


La rue Ninenzaka et sa boutique Ghibli

Comment s’y rendre ? 15 minutes à pied

Depuis le Kiyomizu dera, je récupère de nouveau la rue Sannenzaka où je me laisse tenter par quelques dango et daifuku, douceurs nippones réconfortantes. Je bifurque à mi-chemin vers l’allée commerçante Ninenzaka, une ruelle bordée d’escaliers aux belles façades traditionnelles. Les bâtisses se composent de salons de thé et divers magasins, dont la boutique Ghibli. Proche de l’hôtel Park Hyatt Kyoto, la vue sur le quartier traditionnel d’Higashiyama est splendide. Je rencontre un couple adorable qui me prête son ombrelle pour faire de jolis clichés. Le torii gris et la pagode en contrebas offrent une vision enchanteresse.


Le temple Ryozen Kannon

Comment s’y rendre ? 5 minutes à pied

➡️Ouverture : 9h00-21h30

À l’écart de l’affluence kyotoïte, le temple Ryozen Kannon est un véritable halo de sérénité. Un peu par hasard, je pénètre dans son enceinte. Une immense statue, de 24 mètres d’envergure, est encadrée par une nature foisonnante. Sa silhouette albe, cernée de végétation, offre un moment de calme et de recueillement. Se dégage du lieu une énergie particulière. Je dépose devant la déesse de la miséricorde le bâtonnet d’encens que m’a offert le gardien à l’entrée. Créé en 1955, ce temple est dédié aux victimes de la guerre du Pacifique, sans distinction de nationalité, fait assez novateur à cette période.

Initialement, j’avais prévu de visiter le temple Kodai-ji situé à proximité, lorsque je croise de nouveau les deux françaises de la boutique de kimono. Finalement, nous déjeunons ensemble dans un excellent restaurant traditionnel (malheureusement impossible de retrouver l’adresse)… On se déchausse, et nous mangeons assises sur les tatami. Nous apprécions ce cadre hors du temps même si manger en kimono est assez déroutant. Je me sens plus serrée avec la ceinture obi très ajustée, mieux vaut éviter les manger copieux !

💡Petite info : Porter le kimono permet de faire de belles rencontres. J’échange avec beaucoup de personnes, japonais comme étrangers. Finalement, nous passerons la journée ensemble avec les deux françaises que j’ai rencontrées.


Le sanctuaire Yasaka-jinja

Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied

Après le déjeuner, nous faisons une balade digestive vers Yasaka-jinja. Des ruelles séculaires d’Higashiyama à l’avenue Shijo-dori de Gion, le sanctuaire marque résolument la jonction entre les deux quartiers. Entrée principale, la foule se presse autour de l’imposante porte vermillon Nishiromon. S’ensuit un ballet de yatai, stands de nourriture de rue auxquels se greffent quelques portants de kimono. Les effluves de soba et yakitori embaument l’air. Parmi les couleurs éclatantes du sanctuaire, se détache un pavillon aux innombrables lanternes.

Gion matsuri - Au gré des continents

Dédié au kami Susanoo-no-Mikoto, le Yasaka jinja protège des épidémies. Depuis 869, le sanctuaire est le théâtre du Gion matsuri, l’un des trois festivals majeurs de Kyoto. Durant tout le mois de juillet, les processions de chars animent la ville. À la nuit tombée, les lanternes illuminées confèrent une atmosphère singulière au Yasaka jinja. Dans la quiétude nocturne, discrètement, les maiko et geiko de Kyoto demandent charisme et beauté devant l’autel Utsukushi-gozen-sha.


Une pause méridienne au parc Maruyama

Comment s’y rendre ? 2 minutes à pied

Attenant au sanctuaire Yasaka-jinja, le parc Maruyama est réputé pour ses cerisiers printaniers. Par cette belle journée d’hiver, point de sakura à l’horizon, seulement leurs premiers bourgeons. Nous faisons une pause gourmande au café café Ikkyu-An. Sous les ombrelles rouges et bancs pittoresques, nous apprécions la douceur nippone vêtues de nos kimono. Les températures sont si douces pour un mois de janvier. Alors que nous dégustons nos glaces et un amazake, une boisson à base de riz fermenté, des grands-mères japonaises complimentent nos tenues.


Balade en kimono vers l’Heian-jingu et ses jardins

Comment s’y rendre ? 20 minutes à pied

➡️Ouverture : 6h00-17h00

L’après-midi est déjà bien entamé lorsque nous quittons le parc Maruyama. Nous passons devant la pharamineuse porte Sanmon, annonçant l’entrée du temple Chion-in. Ses pavillons s’étendent le long d’un chemin tranquille, bâtisses de tuiles vernissées sous les cieux azurés. Après le temple Shōren-in, la rue s’élargit jusqu’à l’embouchure du sanctuaire Heian-jingu.

Avant le sanctuaire, un immense torii vermillon domine l’avenue. Au crépuscule, son aura irradie dans la lumière déclinante du ciel. Le chemin précédant l’Heian-jingu est jalonné par une brocante. Étonnées, nous débouchons ensuite sur une grande clairière. Le pavillon principal à l’architecture étirée en fait le tour. Dissimulés derrière la bâtisse, les sublimes jardins de l’Heian-jingu font sa renommée, superbe balade en kimono pour clôturer notre journée à Kyoto.


Fin de journée en kimono à Kyoto, retour à la boutique

Comment s’y rendre ? 30 minutes à pied

Il est temps de rendre nos kimono avant la fermeture de la boutique. On se presse pour revenir vers la pagode Hokan-ji dans les temps. Avec les geta, les chaussures traditionnelles, nous faisons des petits pas et il est difficile de marcher vite. Nous arrivons finalement pile à l’heure. On garde les chaussettes japonaises tabi en souvenirs et nous récupérons nos affaires laissées en consigne. C’est étrange de revêtir ses vêtements occidentaux après cette journée en kimono à Kyoto.

💡Petite info : Faites attention aux délais pour rendre votre kimono. Si vous dépassez les créneaux horaires, vous devrez payer un supplément, voire revenir le lendemain. Nous avions jusqu’à 17h30 pour revenir à la boutique.


Soirée autour de la gare de Kyoto

Comment s’y rendre ? 20 minutes en bus

Je fais ensuite un peu de shopping dans les rues Ninnenzaka et Sannensaka avant la fermeture des derniers magasins. Dès 19 heures, le quartier d’Higashiyama retrouve sa quiétude. Les visiteurs se rendent davantage vers Gion en espérant apercevoir une geisha. Je retrouve ensuite mes deux camarades à la gare. Au pied de la tour de Kyoto, nous dînons à l’excellent restaurant Gyukatsu Kyoto, avant de flâner au centre commercial Yodobashi camera multimedia.


Où louer un kimono à Kyoto, quelle boutique choisir ?

J’ai réservé ma location de kimono via Klook, l’équivalent de Get Your Guide en Asie. Je vous conseille de réserver en avance car les créneaux partent assez vite. Il existe différentes formules : kimono classique, plus sophistiqué, en dentelle ou non. En supplément, s’ajoute éventuellement un forfait coiffure, voire maquillage, que je recommande fortement. Il existe également des options shooting avec photographe ou des visites guidées. À Kyoto, les boutiques de location de kimono sont légion, en voici une sélection :

💡Petite info : Parfois, les sacs allant avec les kimono ne ferment pas, faites donc attention à vos affaires. J’ai notamment croisé une taïwanaise qui avait perdu son portefeuille, gâchant forcément l’expérience…


Une journée en kimono à Kyoto, mon avis

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ma journée en kimono à Kyoto. J’appréhendais beaucoup le regard des japonais quant à l’appropriation culturelle du kimono. D’une grande bienveillance, ils semblent réellement apprécier que les occidentaux le portent, notamment les personnes âgées. En toute honnêteté, j’ai aussi croisé quelques regards désapprobateurs, sorte de ras-le-bol de kyotoïte face au tourisme de masse, ce que je peux tout à fait comprendre. Cependant, les sourires, les rencontres compensent largement. Parfois, certaines personnes vous prennent même en photo. Expérience immersive et enchanteresse, je vous recommande vraiment de vivre une journée en kimono à Kyoto.

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