Arashiyama et le quartier de Sagano, balade nature du côté de Kyoto

Sommaire

  1. La Gare d’Arashiyama
  2. Arashiyama au lever du jour depuis le pont Togetsukyo
  3. Visiter la célèbre bambouseraie d’Arashiyama
  4. Petit déjeuner à Arashiyama au Café rosé
  5. Balade digestive au Temple Hogon-in et son jardin Shishiku
  6. Proche de la bamboo forest, le somptueux temple Tenryu-ji
  7. Le jardin Ōkōchi Sansō, une parenthèse enchantée à Arashiyama
  8.  Hors des sentiers battus, le temple de Jojakko-ji
  9. La Saga Toriimoto Preserved Street
  10. L’Adashino Nenbutsuji Temple et son allée de bambous
  11. Le temple Otagi Nenbutsuji, une visite originale à Arashiyama
  12. Iwatayama, la montagne aux singes
  13. Coucher de soleil au bord des rives d’Arashiyama
  14. Comment se rendre à Arashiyama ?
  15. Où manger à Arashiyama ?
  16. Quand visiter Arashiyama ?
  17. Mon avis sur Arashiyama

La gare d’Arashiyama

Comment s’y rendre ? Départ à l’aube de Kyoto via la ligne de tramway Randen

Depuis Kyoto, nous empruntons la ligne Randen tôt dans la matinée, alors que le jour n’est pas encore levé. Le pittoresque tramway violacé fend l’opacité de la nuit jusqu’à la gare de Saga Arashiyama. Dans les petites ruelles adjacentes, une forêt de kimono entoure la station ferroviaire. Une ribambelle de piliers colorés émaille les alentours de la petite gare, aquarelle de parme, de carmin et de cinabre. Leurs motifs rappellent ceux des étoffes d’autrefois, entre lesquels quelques rares visiteurs errent silencieusement.


Arashiyama au lever du jour depuis le pont Togetsukyo

Photo de Artem Shuba

Comment s’y rendre ? 5 minutes à pied

Nous longeons une rue commerçante encore déserte vers la rivière Katsura. La brume nimbe les berges d’une aura mystérieuse, douce lumière matinale. Le cours d’eau se sépare en deux rives au niveau du pont Togetsukyo. Au nord, la célèbre bambouseraie. Au sud, la rivière Hogu et la montagne aux singes de Iwata. Seules quelques barques fendent l’eau, silhouettes élégantes dans la quiétude de l’aube. Le paysage, d’une grande sérénité, aurait inspiré le maître Hokusai pour l’une de ses estampes.


Visiter la célèbre bambouseraie d’Arashiyama

Photo de Matteo Ferrero sur Unsplash

Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied

Image d’Épinal de Kyoto, j’attendais la visite de la bambouseraie d’Arashiyama avec impatience. Dans la rosée automnale, les rayons du soleil percent l’embrasure des bambous longilignes. Leur hauteur est ahurissante, sorte de canopée verdoyante. Finalement, la bambouseraie est relativement petite puisque la balade se conclut au bout de quelques minutes. Sa beauté réside finalement dans sa densité. Déjà les premiers pousse-pousse arrivent, suivis de visiteurs matinaux.

💡Petite info : Pour apprécier la célèbre bambouseraie d’Arashiyama, je vous conseille de venir le plus tôt possible, idéalement dès l’aube.


Petit déjeuner à Arashiyama au Café rosé

Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied

Après notre escapade végétale, nous gagnons le Café rosé, une adresse immanquable pour le petit déjeuner à Arashiyama. L’adorable gérante, le bon café au lait et le plateau teishoku préparé avec soin, le tout dans un cadre délicieusement feutré, permettent de faire le plein d’énergie pour le reste de la journée.


Balade digestive au Temple Hogon-in et son jardin Shishiku

Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied

➡️Ouverture : 9h00-17h00

Nous repassons par la bambouseraie, noire de monde en seulement une heure d’intervalle. Il est difficile de se frayer un chemin et d’apprécier le cadre au milieu des innombrables passants. Nous sommes reconnaissants d’avoir pu en profiter auparavant. Un peu par hasard, en direction du temple Tenryu-ji, nous tombons sur le Shishiku Garden, un magnifique jardin aux érables flamboyants. Entretenues avec minutie, les feuilles carmin tombent sur la mousse veloutée au pied des arbres.


Proche de la bamboo forest, le somptueux temple Tenryu-ji

Comment s’y rendre ? 5 minutes à pied

➡️Ouverture : 8h30-17h00 / 500 yens pour le jardin ou 800 yens avec le bâtiment principal

Attenant à la bambouseraie, le Tenryu-ji est l’un des plus importants temples zen du Japon, appartenant à l’école Rinzai. Il fut construit en 1339 à la demande du shogun Ashikaga Takauji, afin d’honorer le défunt empereur Go-Daigo. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le Tenryu-ji a été reconstruit à la suite d’incendies au fil des siècles. Le pavillon principal, le Hojo, s’apprécie au gré d’une architecture sobre et apaisante. Les fins panneaux de bois révèlent le sublime jardin sec du temple, le Sogenchi Teien, faisant sa renommée.

Ce jardin a été conçu par l’éminent moine et paysagiste Musō Soseki. Les collines d’Arashiyama se reflètent dans l’eau cobalt de l’étang Sōgen. Les feuilles d’érables effleurent sa surface, cernées par d’innombrables pins aux nuances empire. L’atmosphère se veut contemplative, impression de profondeur. Ici, l’emprunt de paysage confère une impression d’immensité dans ce cadre naturel déjà somptueux.

💡Petite info :  Tout proche, le restaurant Shigetsu propose une cuisine bouddhiste et végétarienne dans un cadre traditionnel. Idéalement, réservez en avance car c’est une adresse plébiscitée.


Le jardin Ōkōchi Sansō, une parenthèse enchantée à Arashiyama

Comment s’y rendre ? 5 minutes à pied

➡️Ouverture : 9h00-17h00 / 1000 yens

Au cœur de la bambouseraie, nous visitons ensuite le jardin Ōkōchi Sansō, dans les hauteurs du mont Ogura. Ancienne résidence de l’acteur Okochi Denjiro (1898-1962), ce halo de verdure est une belle découverte. Le chemin serpente de pavillons en bosquets, véritable éden végétal. L’esthétisme nippon se fond à la nature foisonnante d’Arashiyama. Si le prix d’entrée de 1000 yens peut rebuter certains visiteurs, cela assure une exploration en toute quiétude. En outre, le billet inclut une dégustation de matcha et de wagashi, une pâtisserie traditionnelle.

💡Petite info : Non loin de là, Okochi Sanso Gorge Observation Deck réserve un superbe panorama sur les collines alentours.


 Hors des sentiers battus, le temple de Jojakko-ji

Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied

➡️Ouverture : 9h00-16h30

À la lisière de la bambouseraie, nous traversons une voie ferrée bucolique. Une locomotive rouge fend le décor verdoyant en douceur. Par-delà les rails, l’atmosphère est plus tranquille, nous délaissons la désormais trop fréquentée bambouseraie. L’étang Ogura et ses fleurs de lotus séchées précèdent le temple Jojakko-ji. Ses érables empourprés offrent une belle balade jusqu’au point de vue Jojakkoji Observatory. Puis nous déjeunons à Ogura Cha-Ya, un restaurant de nouilles udon dans un décor traditionnel et serein.

💡Petite info : Tout proche, le temple Gio-ji réserve également un décor enchanteur avec son sol recouvert de lichens.


La Saga Toriimoto Preserved Street

Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied

Nous arrivons vers la Saga Toriimoto Preserved Street, une rue particulièrement bien préservée. Comme figée dans le temps depuis l’époque Edo, ses maisons aux toits de chaume lui confèrent un charme suranné. Un singe passe furtivement derrière une bâtisse. Un torii se dégage de l’épaisse végétation. La mousse recouvre les lanternes. Quelques boutiques d’artisanat émaillent le bord du chemin. Un petit escalier de pierre attire alors notre attention, en direction du temple Adashino Nenbutsuji.


L’Adashino Nenbutsuji Temple et son allée de bambous

Comment s’y rendre ? 2 minutes à pied

➡️Ouverture : 9h00-16h00 / 500 yens

Fondé au VIIIe siècle par le moine Kūkai, une figure centrale du bouddhisme au Japon, le temple Adashino Nenbutsuji et son cimetière furent érigés en hommage aux âmes oubliées. S’en dégage une atmosphère empreinte de solennité. Ces personnes sans tombes ni noms, sont représentées par près de 8 000 petites statues de pierre, les rakan.

Au détour d’un chemin, s’élèvre une splendide allée de bambou. Loin de l’affluence de la bambouseraie de Sagano, le vent bruisse dans les feuillages. La douce lumière filtre au travers des gigantesques tiges, phénomène appelé komorebi. À l’orée du tunnel verdoyant, les collines brumeuses d’Arashiyama encerclent le cimetière du temple.

💡 Petite info : Le temple Adashino Nenbutsuji a connu un fort engouement sur les réseaux sociaux. Néanmoins, c’est avant tout un lieu sacré et un cimetière. Par ailleurs, les personnes souhaitant prendre en photo la bambouseraie repartent souvent déçues par la taille de l’allée de bambous.


Le temple Otagi Nenbutsuji, une visite originale à Arashiyama

Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied

➡️Ouverture : 9h00-16h00 / 300 yens

La rue Saga Toriimoto semble s’enfoncer dans la forêt lorsque nous apercevons l’entrée du temple Otagi Nenbutsuji. Pour le moins atypique, il se compose de 1200 statuettes de pierre, les rakan, réparties sur différents niveaux. Chacune d’entre elles arbore sa propre expression faciale. Loin d’être solennelles, elles sourient, rigolent, et sont même parfois affublées de walkman, voire d’éléments kawaii, loin de leur aspect sacré initial. L’histoire du temple permet de mieux comprendre sa particularité.

Fondé en 766, l’Otagi Nenbutsuji a changé plusieurs fois de localisation à la suite d’inondations, puis de typhons, avant de connaître sa localisation actuelle à Arashiyama. En 1981, des rénovations débutent. Le moine Kocho Nishimura insuffle alors un nouveau souffle au temple en tant que sculpteur émérite. En effet, Nishimura enseigne l’art de la sculpture à ses disciples et les incite à confectionner leurs propres statuettes. Ainsi, chaque rakan est unique.

💡 Petite info : Autrefois préservé du tourisme de masse, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de visiteurs. Malgré la forte affluence, en automne, le temple reste très agréable sous les feuillages empourprés des érables. 


Iwatayama, la montagne aux singes

Comment s’y rendre ? 10 minutes en bus, arrêt en face de l’Otagi Nenbutsuji

➡️ Ouverture : 9h00-16h00

L’après-midi est déjà bien entamé lorsque nous arrivons au parc aux singes d’Arashiyama. Il se situe dans les hauteurs du mont Iwatayama, de l’autre côté du pont Togetsukyō. Nous passons d’abord par le petit sanctuaire Ichitani Munakata jinja et sa jolie vue sur la rivière Hozu. S’ensuit une montée d’une vingtaine de minutes dans les bois. Sur le trajet, quelques macaques japonais déambulent en totale liberté. Au milieu des singes, nous croisons même un cerf shika égaré.

Au sommet du mont Iwatayama, le panorama est splendide. L’immensité de Kyoto s’étend en contrebas, dans la lumière mordorée du début de soirée. Un baraquement, où les visiteurs se positionnent derrière un grillage, permet de nourrir les singes. Ces derniers, habitués aux visiteurs, déambulent librement dans le parc. Nous redescendons tranquillement, juste avant la fermeture, auréolés de superbes couleurs automnales.

💡 Petite info : Le parc aux singes n’est pas une visite incontournable à mon sens, mais c’est une étape agréable pour apercevoir des singes dans leur environnement naturel avec en prime une jolie vue sur Kyoto.


Coucher de soleil au bord des rives d’Arashiyama

Comment s’y rendre ? 25 minutes à pied

La journée se clôture au bord de la rivière Katsura. Les berges sont particulièrement agréables au crépuscule. Depuis l’époque Heian (794-1192), elles sont prisées par la cour impériale comme lieu de promenade. D’élégantes japonaises en kimono prennent la pose dans le pourpre du couchant. La teinte orangée du ciel se reflète dans les eaux sombres du cours d’eau. À la nuit tombée, les visiteurs regagnent peu à peu Kyoto. Fatigués par cette superbe journée à Arashiyama, nous prenons nous aussi le chemin d’Higashiyama.


Comment se rendre à Arashiyama ?

Situé au nord-ouest de la ville, plusieurs options permettent de joindre Arashiyama depuis Kyoto.

En train : De la gare de Kyoto, les lignes Sagano et San-In mènent jusqu’à la station Saga-Arashiyama, à quelques encablures de la célèbre bambouseraie. Seconde possibilité, la ligne Hankyu conduit à la gare Hankyu Arashiyama, plus proche du parc aux singes d’Iwatayama

En bus : Les lignes de bus 11, 28 ou 93 relient le centre-ville de Kyoto jusqu’au pont Togetsukyo, au cœur même d’Arashiyama

Le tramway Randen : un tramway pittoresque à emprunter depuis la station Shijô-Omiya, dans le centre de Kyoto. Un aller coûte 220 yens, soit environ 2€


Où manger à Arashiyama ?

Arashiyama et le quartier de Sagano regorgent de bonnes adresses entre salons de thé et restaurants traditionnels au bord de la rivière.

  • Parking Cafe ReUnion Arashiyama : ce foodtruck propose une chouette sélection de cafés à deux pas de la bamboo forest. Le staff parle anglais et s’avère adorable.
  • EXcafe Kyoto Arashiyama Main Store : spécialités japonaises dans un superbe cadre traditionnel, situé proche de la gare
  • 囲と囲曲 byパンとエスプレッソと : à ne pas louper pour leurs délicieuses gaufres salées, un de mes coups de coeur
  • Arashiyama Yoshimura : un restaurant de soba et tempura avec un superbe panorama sur la rivière et le pont Togetsukyo
  • Café Rosé : idéal pour prendre un petit déjeuner traditionnel à côté de la bambouseraie
  • Ogura Cha-Ya : restaurant traditionnel spécialisé dans les nouilles udon
  • Dangoro : une adresse abordable spécialisée dans les soba
  • Takara Sushi : d’excellents sushi dans ce restaurant tenu par un grand père d’une grande gentillesse
  • Musée et café fuutou : superbe pour boire un matcha dans la journée

Quand visiter Arashiyama ?

En novembre, les nuances automnales des érables attirent les foules. Il faudra donc se lever tôt et explorer hors des sentiers battus pour apprécier pleinement ce décor féerique. La quiétude hivernale appose un voile de sérénité dans ses collines enneigées, c’est ma période préférée pour visiter Arashiyama. Le printemps verdoyant est propice aux balades dans les jardins des temples. Enfin, les bords de la rivière Katsura sont idéaux pour une balade en bateaux traditionnels durant les chaleurs estivales.


Mon avis sur Arashiyama

Photo de ludovico di giorgi sur Unsplash

Arashiyama et le quartier de Sagano offrent un joli condensé de trésors kyotoïtes. De ses sites renommés à ses superbes temples dissimulés, on souhaite prendre le temps, s’imprégner de son atmosphère si particulière. Ses agréables cafés se dévoilent au détour d’une colline, parfois au bord de la rivière Katsura où les bateaux traditionnels voguent sur les eaux tranquilles. Pour avoir visité Arashiyama en automne et en hiver, l’expérience est très différente. En novembre, sa sérénité est altérée par la popularité des koyo, lorsque les japonais et touristes viennent admirer les feuillages automnaux. Il faudra alors explorer Arashiyama et sa nature foisonnante plus en profondeur, pour pleinement apprécier sa beauté.

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