Le Sumiyoshi Taisha, un sanctuaire féérique à Osaka

Voyage au Japon sur mesure - Sumiyoshi Taisha - Blog au gré des continents

Le Sumiyoshi Taisha (住吉大社) revêt des charmes secrets. Mes premières impressions au Japon résident en son sein et m’ont profondément marqué. Aujourd’hui, il me tient à cœur de vous présenter l’un des plus beaux sanctuaires du pays, de part son architecture unique et son atmosphère mystique. Souvent méconnus par les voyageurs occidentaux, ce havre de paix dévoile un côté plus paisible et local d’Osaka, dans le quartier populaire de Sumiyoshi.

Sommaire

  1. Mes premières impressions au Sumiyoshi Taisha
  2. Au milieu des drapeaux, le Nankun-Sha et ses maneki neko
  3. Un peu d’histoire
  4. Fouille et pierres porteuses de chance au Goshogozen
  5. Pêle-mêle de lanternes au cœur du sanctuaire
  6. Le célèbre Pont Sorihashi
  7. Les festivités au sanctuaire Sumiyoshi Taisha
  8. Que faire autour du Sumiyoshi Taisha ?
    1. L’atmosphère cosy d’un café japonais
    2. Visite guidée à Shinsekai avec un adorable papi japonais
  9. Comment se rendre au Sumiyoshi Taisha ?
  10. Mon avis sur le Sumiyoshi Taisha

➡️ Retrouvez toutes les informations relatives au sanctuaire Sumiyoshi Taisha sur ma carte en fin d’article 😉


Mes premières impressions au Sumiyoshi Taisha

Ce matin, pour débuter ce premier voyage au Japon, je me rends au sanctuaire Sumiyoshi Taisha.

À quelques encablures de Namba, le quartier de Sumiyoshi est bien plus calme, loin de l’effervescence d’Osaka.

Une fine bruine tombe sur la ville et je sors sous le ciel grisâtre munit du parapluie de l’hôtel.

Après m’être perdue dans les ruelles résidentielles, j’aperçois un petit torii gris. Pléthore de drapeaux rouges aux inscriptions mystérieuses l’entourent.

Intriguée, je pénètre dans l’enceinte du sanctuaire. La rumeur de la ville s’estompe peu à peu, halo de solennité.

💡À savoir : Je l’apprendrais après, mais je suis arrivée par l’arrière et non par l’entrée principale, ce qui me donne d’abord l’impression d’un petit sanctuaire, ne sachant pas vraiment à quoi m’attendre. J’ignore alors qu’il s’agit de l’un des plus importants sanctuaires du Japon !


Au milieu des drapeaux, le Nankun-Sha et ses maneki neko

J’explore donc la partie secondaire du sanctuaire dans un premier temps. Un arbre majestueux me protège de la pluie. Je ressens le magnétisme de ce camphrier millénaire, vénéré depuis des siècles.

L’atmosphère unique est exacerbée par l’humidité ambiante. Le clair obscur des lumières, le sol sableux, le bruissement des feuillages. Je déambule, dans un océan de verdure et de banderoles. Je croise quelques renards kitsune, la divinité Inari de la récolte. Au loin, le chant d’un gong dans le silence feutré.

Parmi les fanions cinabre, se détache un pavillon aux lanternes illuminées. À l’intérieur, les lampions suspendus constellent le plafond. Les hommes d’affaires viennent ici pour acheter un maneki neko, le célèbre chat porte bonheur.

Les félins sont disposés face à l’autel, vêtu d’un yukata aux nuances bleutées. La patte droite est levée pour augmenter les ventes, tandis que celle de gauche cherche à attirer les clients.


Un peu d’histoire

Découvrir le sanctuaire Sumiyoshi Taisha passe par son héritage millénaire. Son histoire, de près de 2000 ans, en fait l’un des premiers lieux sacrés de l’archipel.

À l’époque, l’impératrice Jingū dédie le sanctuaire aux divinités de la mer, dans l’optique de protéger la baie d’Osaka et son port stratégique. Ces trois kamis sont Sokotsutsuno-o no Mikoto, Nakatsutsuno-o no Mikoto et Uwatsutsuno-o no Mikoto, surnommés ensemble les Sumiyoshi Sanjin. Ils évoquent le fond, le milieu et la surface de l’océan. Depuis sa mort, l’impératrice elle-même est vénérée.

Sa construction en 211 par Tamomi no Sukune n’est pas influencé par le bouddhisme chinois, comme nombre de sanctuaires shintoïstes par la suite. Cette singularité donne naissance au sumiyoshi-zukuri.

Ce style architectural simple, aux  toits à pignon droits, est à l’origine d’un courant auquel sont affiliés plus de 2.300 sanctuaires à travers le pays.

💡À savoir : Initialement reconstruit tous les 20 ans comme le veut la coutume, le Sumiyoshi Taisha a été intégralement rebati au XIXème siècle.


Fouille et pierres porteuses de chance au Goshogozen

Empreint de spiritualité, une façade en pierre entoure ce qu’on nomme le Goshogozen. À l’intérieur, une ribambelle de cailloux aux vertues chanceuses dirait-on.

Les caractères Cinq 五 , Grand 大 et Pouvoir 力 sont inscrits sur les roches anthracite. Les personnes fouillent pour sélectionnées trois d’entre elles comme porte bonheur.

L’usage est ensuite de faire un vœu, puis d’acheter un adorable sac à amulette pour 500 yens et de placer les gemmes à l’intérieur.

Une fois votre souhait exaucé, trouver de nouvelles pierres, inscrivez les mêmes caractères puis venez les déposer au Goshogozen pour perpétrer la tradition.


Pêle-mêle de lanternes au cœur du sanctuaire

L’intérieur du Sumiyoshi est immense. Son épicentre se caractérise par quatre pavillons majeurs, classés trésors nationaux.

Trois d’entre eux sont alignés, ceux des kamis, tandis que le dernier, celui de l’impératrice, se situe plus en retrait.

Plus loin, kyrielle de petits pavillons sont dissimulés par les cèdres imposants. Plus de 700 lanternes de pierres jalonnent le chemin, sensation de s’immiscer dans un monde merveilleux.

Les rares personnes que je croise viennent prier. Elles tirent la corde, annonçant leur présence aux kamis, font un don dans l’urne, s’inclinent et tapent dans leurs mains avant de reprendre leur chemin. J’observe ce joli rituel en retrait, fascinée par cette scène du quotidien.

Les fidèles écrivent leurs vœux sur des plaquettes votives, les ema, tandis que d’autres accrochent leur omikuji malchanceux pour conjurer le mauvais sort.

Au delà des divinités majeures, le Sumiyoshi est aussi un lieu sacré quant aux arts du spectacle, du sumo, de la grossesse…

Ils existent d’autres aspects suscitant de la dévotion au sein du sanctuaire :

  • Voyage en mer : pour protéger les marins, les navires et les voyageurs
  • Agriculture : notamment avec les statuelles d’Inari, le kami des récoltes et du riz
  • Poésie Waka : les trois kamis sont associés à cette forme de poésie, récitée lors de certaines festivités
  • Diplomatie : le port d’Osaka était au centre des échanges commerciaux et des missions à travers l’Asie jusqu’à la période Edo (1603-1868)

💡À savoir : De part sa diversité de cultes, ses habitants l’apprécient particulièrement et le surnomme affectueusement Sumiyossan.


Le célèbre Pont Sorihashi

Le pont Sorihashi se détache par son rouge vermillon au milieu de la végétation. Surnommé Taiko-baishi, littéralement, le pont tambour, sa pente à 48 degrés nécessite des marches pour le franchir. Cela lui donne une allure particulièrement arquée.

Une japonaise en kimono l’enjambe avec une grande élégance malgré ses getas, chaussures traditionnelles qui semblent quelque peu inconfortables.

Son reflet dans l’étang forme un joli cercle, ceint de carpes koï et de tortues curieuses. J’aperçois même un héron cendré.

Je sens que ma virée magique touche à sa fin, les visiteurs sont plus nombreux, provenant de la rue adjacente. Un immense torii s’érige alors et je comprends que je sors par ce qui doit être l’entrée du sanctuaire.

💡À savoir : La vue sur le Taiko-baishi est magnifique depuis le canal, notamment lorsque le pont est illuminé, en l’occurrence tous les soirs jusqu’à 21h.


Les festivités au sanctuaire Sumiyoshi Taisha

Si le Sumiyoshi Taisha est peu connu des voyageurs, c’est un sanctuaire très plébiscité par les japonais, notamment lors de trois évènements majeurs :

  • Le nouvel an : pour hatsumōde, la première prière de l’année
  • Le Sumiyoshi Matsuri : festival du 30 juillet au 1er août
  • Le Shichi go san : la fête des enfants de 3, 5 et 7 ans où les petits revêtent leurs plus beaux kimonos

J’ai eu la chance de découvrir le Sumiyoshi en toute quiétude, un matin d’hiver calme et ouaté. L’explorer lors de moments de liesse doit être aussi une expérience singulière.

Deux millions de personnes se rendent à Sumiyoshi Taisha chaque année, c’est dire. Un grand nombre en janvier, lors d’hatsumōde, pour la première prière de l’année. À l’occasion du Sumiyoshi Matsuri ensuite, festival estival débuta le jour de la mer où stands ambulants et sanctuaires portables animent le lieu sacré.

D’autres festivités, comme Shichi go san, la fête des enfants, le 15 novembre, égayent le sanctuaire mais ne sont pas propres à celui-ci.

💡À savoir : Pour connaitre toutes les festivités relatives au Sumiyoshi Taisha, comme le festival de la lune ou de la rizière sacrée, rendez-vous sur le site officiel.


Que faire autour du Sumiyoshi Taisha ?

Entre la gare de quartier et le sanctuaire, le parc Sumiyoshi offre une halte agréable pour un pique nique ou prendre le pouls de la vie locale. Par temps pluvieux, d’agréables cafés émaillent les alentours.


L’atmosphère cosy d’un café japonais

  • Seitou : un café tranquille composé d’une sympathique bibliothèque
  • Nest ネースト: de style kissaten au gré d’une ambiance rétro datant de l’ère Showa (1926-1989)
  • 夜喫茶シンデレラ : une adresse ouverte jusqu’à minuit pour des encas salés et un chat trop kawaii comme compagnon
  • 笑和焼菓子店 : joli cadre dans une maison traditionnelle et son petit jardin attenant
  • Monzen Coffee : excellent sandwich et petit déjeuner, proche du tramway
  • Cafe Kreemy : boissons chaudes réconfortantes et gâteau au matcha

Visite guidée à Shinsekai avec un adorable papi japonais

Alors que j’attendais le tramway pour me rendre à Shinsekai, un gentil papi m’est venu en aide. Perdue face au plan de transports en kanjis, le monsieur me propose de faire le chemin ensemble.

Finalement, ce japonais adorable me fit une visite guidée de Shinsekai. Sans lui, j’aurai été complètement larguée et malgré la barrière de la langue, j’ai passé un superbe moment.


Comment se rendre au Sumiyoshi Taisha ?

Depuis Namba Station, la Nankai Line mène jusqu’à la station Sumiyoshitaisha avant de rejoindre le sanctuaire en quelques minutes à pied.

Ce dernier est ouvert de 6h00 à 17 heures. Si son entrée est gratuite, les dons pour la prière sont appréciés.


Mon avis sur le Sumiyoshi Taisha

Sumiyoshi Taisha - pont Sorihashi - Blog au gré des continents

Je recommande à tous les voyageurs passant par Osaka de visiter le Sumiyoshi Taisha. C’est véritablement un sanctuaire à ne pas manquer avec le Tenman-gū, situé au nord de la ville. Son atmosphère mystique et son histoire offre un regard différent, aux antipodes de l’exubérance de Namba. J’ai également trouvé les habitants, déjà très accueillants, encore plus avenants dans le quartier de Sumiyoshi, intrigués de voir des occidentaux, notamment cet adorable papi japonais dont je me souviendrais longtemps.

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