À seulement 50 kilomètres de Tokyo, une journée à Kamakura offre une belle escapade non loin de la capitale nippone. Ici, le gigantisme tokyoïte cède le pas à la douceur d’un Japon résolument balnéaire. Elle attire d’ailleurs surfeurs sur son bord de mer jalonné par le Mont Fuji. Tout proches, les temples zen s’égrènent le long de la ligne de train Enoden. Et, au delà des rails, les sentiers de randonnée relient quelques sanctuaires verdoyants. Aux alentours de la gare, la Komachi Street se veut plus animée, avant la sérénité d’un coucher de soleil au bord du Pacifique. Par tous ces aspects, une journée à Kamakura est la promesse de souvenirs mémorables lors d’un voyage au Japon .
💡Petite info : Les voyageurs combinent souvent la visite de Kamakura à celle d’Enoshima dans la même journée. L’idée est bonne, mais en voulant trop en voir, vous risquez de vous pressez et de moins apprécier. Personnellement, je n’ai jamais trouvé le temps d’aller jusqu’à Enoshima tant j’aime Kamakura !
Guide des transports pour une journée à Kamakura


Comment se rendre à Kamakura depuis Tokyo ?
Depuis Tokyo, il faut compter environ 1h à 1h30 de trajet, via une correspondance dans la capitale ou à Yokohama. Néanmoins, des liaisons directes sont possibles, notamment depuis la gare de Tokyo ou de Shibuya.
💡Petite info : Selon votre localisation dans Tokyo, le trajet peut rapidement s’allonger. Le site Hyperdia est très fiable pour estimer vos déplacements au Japon.
Comment se déplacer pour une journée à Kamakura ?
À Kamakura, il y a 2 gares :
- Kita-Kamakura : la première en venant de Tokyo, idéale pour explorer les temples plus au nord
- Kamakura Station : la plus centrale et proche des sites majeurs
💡Petite info : Prévoyez des baskets, vous risquez de marcher entre les différents site disséminés dans la ville.
La plage de Shichirihama et le Mont fuji au petit matin


La pittoresque ligne de train Enoden
Comment s’y rendre ? 15 minutes depuis la gare de Kamakura avec la Enoden line
L’appel de l’océan m’incite à quitter Tokyo tôt. Après une heure de trajet, à la gare de Kamakura, la ligne de train Enoden mène directement à la mer. Ce pittoresque tramway se faufile entre les maisons. Quel plaisir de se laisser bercer au son du train sur l’étroitesse de la voie. Au bord des rails, les petites stations sont dotées d’un charme désuet.
💡Petite info : Très réputée, la ligne Enoden relie la gare de Kamakura à celle de Fujisawa. À mi-parcours, l’île d’Enoshima est également une escapade prisée par temps ensoleillé. À partir de l’arrêt Inamuragasaki Station jusqu’à Enoshima, le train longue la côte et offre de superbes paysages.


Je descends à l’arrêt Kamakurakōkō-Mae Station. Sur le quai, un délicieux parfum iodé embaume l’air. Le passage à niveau attenant à la station apparait dans le manga Slam Dunk. Attirant d’abord les otaku, le spot a gagné en popularité sur les réseaux sociaux. Tôt dans la matinée, j’apprécie la quiétude du lieu et son charme indéniable. Le passage du tramway face à la mer est vraiment à voir.

💡Petite info : Malheureusement, la hausse de fréquentation et d’incivilités ont entrainé un aménagement de l’espace. Les photos sont interdites en dehors du Koshigoe Rakko Park et des agents sont présents pour s’assurer du respect des règles.
Balade en bord de mer à Kamakura

En ce matin d’hiver, la lumière est magnifique, le ciel d’un bleu profond. Même le passage piéton qui précède la mer a ce je-ne-sais-quoi de typiquement japonais. Longer la plage de Shichirigahama est un vrai bonheur. Par temps clair, les chanceux admirent la silhouette du Mont Fuji. Un surfeur glisse sur les vagues, face au Fujisan. L’écume albe des vagues rappelle le sommet ivoire de la montagne. Au bout de la plage, la jetée de Shichirigahama offre également un panorama époustouflant.
Le temple Gokurakuji et la station éponyme

Comment s’y rendre ? 10 minutes avec la Enoden line
Je reprends la ligne Enoden pour la Gokurakuji Station. Pour les adeptes de la série Comment traduire cet amour, le première épisode se déroule à Kamakura, notamment à cet arrêt de tramway. Pittoresque avec sa bâtisse de bois, il ne manque pas de charme. Attenant, le Gokurakuji Shrine réserve une belle visite au printemps, notamment pour ses hortensias. En hiver, quelques narcisses égayent le pavillon mais l’allée manque un peu de végétation.


Les abords du temple Hasedera


Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied
➡️Ouverture : 8h00-17h00
Le temple Goryo
Sur le chemin pour le temple Hasedera, le Goryo Shrine est une belle surprise. Il est notamment réputé pour son torii au pied duquel passe la voie ferrée. Si le rendu est très photogénique, les clichés sont interdis.
Après un passage à l’instagrammable (mais pas indispensable), Kannon Coffee Kamakura, je tombe sur la boutique Kamakura Naya, superbe friperie sans personnel. Sur le principe de la confiance, on met simplement l’argent dans une boîte et un carnet permet de laisser un petit mot si on le souhaite.
Le temple Hasedera, coup de coeur de ma journée à Kamakura

Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied
➡️Ouverture : 8h00-17h00
Le temple Hasedera fut l’un de mes coups de cœur à Kamakura. L’Hasedera regorge de petits trésors entre son atmosphère incomparable, son panorama sur l’océan et ses jardins aux mille recoins. Fin janvier, l’entrée du temple Hasedera est déjà cernée de fleurs. Les pétales parmes des pruniers créent d’ailleurs un décor enchanteur.


Sa configuration originale, sur plusieurs niveaux, s’apparente à un petit parcours. D’abord, l’atypique grotte Benten Kutsu, où la déesse Benzaiten, associée aux arts, à la beauté et la sagesse est sculptée à même la roche, accompagnée de ses seize enfants. Pour les personnes claustrophobes, certains passages sont néanmoins assez étroit. Presque attenant, un agréable jardin sec s’étend au pied d’un pavillon.


Dans l’étang, les carpes koï valsent sous les pruniers en fleurs. Au pallier suivant, les statuettes jizo rendent hommages aux enfants décédés. Plus loin, les classiques plaques votives ema sont remplacées par des coquilles d’huîtres.


Le clou du spectacle est sans doute la magnifique vue sur l’océan pacifique, au sommet de la colline. Au sein même de l’Hasedera, le restaurant Kaikoan, dévoile une belle vue sur la baie de Sagami.

💡Petite info : Pour l’avoir visité à trois reprises, l’Hasedera est selon moi le temple incontournable de Kamakura. Sous la pluie, beaucoup moins fréquenté, l’atmosphère est également magique.


L’histoire de l’Hasedera
Le temple Hasedera fut fondé en 736 par Fusasaki Fujiwara, membre éminent du clan éponyme. Dédié à la déesse Kannon, le pavillon principal abrite la divinité de la compassion, entièrement recouverte d’or. En 721, un moine découvrit un camphrier, un arbre majestueux à partir duquel il créa des statues, les Kannon. L’une est au temple Hasedera, dans la préfecture de Nara. La seconde fut jetée à la mer, dans l’espoir qu’elle apporte protection aux habitants la trouvant sur leurs rives. La déesse de la miséricorde s’échoua non loin de Kamakura 15 ans plus tard, sur la plage de Nagai. Ainsi, le temple Hasedera fut érigé en son honneur.
💡Petite info : Il est interdit de prendre en photo la statue de Kannon.
Le Daibutsu du Kotoku-in, grand Bouddha de Kamakura


Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied
➡️Ouverture : 8h00-16h45
La foule se fait plus dense à mesure que j’approche du Kotoku-in. Après une pause à l’excellent café Bee’s SUNDAY, je pénètre dans l’enceinte du Kotoku-in. Une courte allée mène au grand Bouddha de Kamakura. Ses dimensions, 121 tonnes de bronze pour 13 mètres de hauteur, impressionnent.
Assis en tailleur, sa splendeur est ineffable. Sa silhouette imposante se détache sous le ciel céruléen. Le daibutsu semble veiller sur nous, de son expression énigmatique qui me rappelle étonnamment la Joconde. Après le Bouddha de Nara au Todai-ji, il est le deuxième plus grand Bouddha assis du Japon.
Pour être honnête, j’imaginais que le temple serait plus grand, or l’enceinte se résume au grand Bouddha. Aux origines, en 1252, le daibutsu fut construit en bois et placé au sein d’un pavillon. Après maints tremblement de terre et typhons qui détruisirent les bâtisses, il fut recréé en bronze et placé en plein air.
Attenant au Bouddha, un petit escalier permet d’accéder à l’intérieur de la sculpture. C’est vraiment une expérience atypique de se retrouver dans la structure même du Bouddha, je recommande à 100% !
💡Petite info : À l’intérieur de la statue, l’espace est très exiguë, ce qui peut devenir un peu oppressant mais cela reste une chouette expérience.
Une journée à Kamakura, shopping dans la Komachi Street


Comment s’y rendre ? 20 minutes avec la Enoden line
Que serait une belle journée nippone sans un peu de shopping et quelques douceurs ? Pour se faire, direction la gare de Kamakura. À gauche du parvis, un torii vermillon marque l’entrée de la Komachi Street, une rue commerçante très agréable. Les tentations sont nombreuses entre le Ghibli Store, la superbe boutique de stickers B Side Label, les échoppes de furoshiki, ses tissus pour emballer les objets de tous les jours. Quant à la nourriture, on craque vite pour une brochette de fraises ou un biscuit en forme de Bouddha, la mascotte de Kamakura.
Sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gu


Comment s’y rendre ? 5 minutes à pied
➡️Ouverture : 6h00-20h00
La Komachi Street mène au sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gu. Il se démarque de part sa grandeur et son alignement entre le pavillon principal, le pont, et le torii. Au printemps, les cerisiers en fleurs transforment son allée en véritable féerie printanière. Chanceuse, j’ai admiré discrètement un mariage traditionnel entre une japonaise et un occidental ainsi que le début de leur procession.
Cœur shintoïste de Kamakura, le Tsurugaoka Hachiman-gu est aussi le sanctuaire le plus fréquenté. Pour davantage de quiétude, je recommande le sanctuaire Zeniarai Benzaiten Ugafuku-jinja et Sasuke Inari-jinja, deux pépites plus excentrées mais qui valent le détour.
💡Petite info : Le Tsurugaoka Hachiman-gu est l’un des rares sanctuaires à avoir une large amplitude horaire à Kamakura, ouvert de 6h à 20h. Il est donc idéal pour débuter ou clôturer votre journée sans contrainte de temps.
Que visiter à Kamakura sous la pluie ? La bambouseraie du temple Hokoku-ji


Comment s’y rendre ? 5 minutes de bus depuis le Tsurugaoka Hachiman-gu
➡️Ouverture : 9h00-16h00
Je quitte l’animation de la gare pour un quartier résidentiel dans l’est de Kamakura. Au détour d’un ruelle s’érige le temple Hokoku-ji et sa bambouseraie. Une allée verdoyante mène jusqu’à l’entrée de la bambouseraie, située juste derrière le pavillon principal. Il faudra alors débourser quelques yens pour accéder au jardin ainsi qu’à la maison de thé.


Quelques lanternes moussues et un petit plan d’eau précèdent la bambouseraie. La tige longiligne des bambous protège de la pluie, douce lumière tamisée. Le Fallow Hermitage, belle bâtisse boisée, permet d’apprécier un matcha dans ce magnifique cadre. On s’assoit, faces aux bambous, telle une estampe qui prend vie. Le chuchotement des visiteurs et le bruissement des feuillages apaisent profondément.


Avec le temple Hasedera, c’est ma seconde recommandation, idéale quelques soit le temps. Même si le temple Hokoku-ji est un peu plus éloigné, le crochet en vaut vraiment la chandelle. À proximité de la bambouseraie se trouvent également le temple Jōmyō-ji et le temple Sugimoto-dera. L’un vaut la visite pour son jardin sec, l’autre pour son escalier de mousse, ceint de drapeaux blancs.
💡Petite info : À pied, le temple est proche du sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gu mais le faux plat le long de la route rend le trajet moins agréable. Le bus vous ferra économiser quelques pas.
Fin de journée à Kamakura au bord de la plage


Comment s’y rendre ? bus 23 jusqu’à la gare puis ligne Enoden, 40 minutes de trajet
Je rejoins la gare depuis le temple Hokoku-ji et j’emprunte une fois de plus la ligne Enoden. La lumière décline et le ciel s’embrase peu à peu. Comme au petit matin, la station Shichirigahama mène à la plage éponyme. La jetée de Shichirigahama est idéale pour admirer le coucher du soleil face au Mont Fuji.
💡Petite info : Non loin de la jetée de Shichirahama, le Cap Inamuragaski est également un superbe spot pour le coucher de soleil.


Malgré la saison hivernale, l’air est doux et quelques japonais profitent du bord de mer. Un couple dans le pourpre du couchant, un surfeur au loin, des écolières pour un goûter d’anniversaire. Leurs silhouettes se détachent sous le ciel orangée. La lumière est magnifique, l’atmosphère féerique. L’écume des vagues effleure le rivage grenat. Je longe la plage, émerveillée, jusqu’à la nuit tombée.
💡Petite info : À la gare de Kamakura, la boutique Kotonoichi Kamakura proposent de jolis souvenirs à l’effigie de la ligne Enoden, dernière étape avant de rentrer sur Tokyo.
Où manger à Kamakura ?


- Daisy’s Cafe : petit restaurant sympa au bord de la mer
- Magokoro : restaurant vegan avec de bonnes bières
- Bee’s SUNDAY : la gérante parle très bien anglais et le café est situé juste en face du grand Bouddha
- Coffee Talks Kamakura : coffee shop coup de coeur, excellent latte et cookies
- Idobata : très bon café à emporter
- Cyan Kamakura : restaurant traditionnel proche du Sasuke Inari-jinja
- Fallow hermitage : salon de thé dans la bambouseraie de l’Hōkoku-ji
Que faire d’autres à Kamakura ?
Si j’aime tant Kamakura, c’est aussi pour la multitude de temples et sanctuaires disséminées de part et d’autre de la ville.
➡️À l’ouest
- Le Sasuke Inari-jinja : situé dans les bois, ce sanctuaire est dédié aux kitsune, les messagers renards liés à la divinité Inari. Son allée de torii, nichée entre les arbres, est particulièrement apaisante
- Le Zeniarai Benzaiten Ugafuku-jinja : dissimulées derrière un tunnel de pierres, les japonais espère obtenir fortune entre les parois rocheuses de ce sanctuaire atypique
- Myōhon-ji : temple zen de la secte Nichiren, son enceinte et parsemée de cerisiers au printemps
➡️À l’est : Proche du temple Hokoku-ji et de sa bambouseraie
- Jōmyō-ji : le magnifique jardin sec de ce temple est propice à la dégustation d’un bon matcha
- Sugimoto-dera : son escalier recouvert de mousse et ses drapeaux qui se détachent sous la verdure sont une belle découverte
➡️Au nord depuis Kita Kamakura
- Engaku-ji : à deux pas de la gare, il se démarque par son magnifique pavillon Shariden et sa cloche classé trésor national
- Jōchi-ji : ce temple, immense et paisible, dévoile un superbe jardin zen dans le pavillon Hojo
Quand aller à Kamakura ?


Kamakura se visite tout au long de l’année. L’été, la végétation exubérante et l’air marin apportent une brise bienvenue. L’automne, les feuillages flamboyants sont splendides. Au printemps, les fleurs sont féériques. L’hiver, plus tranquille, offre davantage de vues dégagées sur le Mont Fuji. Dès fin janvier, la floraison des pruniers débute, superbes prémices printaniers.
💡À savoir : Mi-septembre, le festival de Kamakura attire pour ses démonstrations de yabusame, du tir à l’arc à dos de cheval.
Une journée à Kamakura, mon avis

Selon moi, une journée à Kamakura est vraiment une étape incontournable lors d’un voyage au Japon. Les paysages sont à la fois somptueux et diversifiés, des plages le long de la côte de Shozan aux temples reculés dans la forêt. Alors oui, une journée à Kamakura promet de jolis souvenirs. Cependant, il faudra prendre le temps de l’explorer, de sortir des sentiers battus, au risque d’être déçu autrement. Malheureusement, Kamakura est victime du tourisme de masse et de nombreuses incivilités entrainent le mécontentement des habitants. Au lieu de se cantonner au Kotoku-in et aux spots instagrammables, je recommande de prendre son temps pour apprécier, et explorer, au gré des continents…

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