Aujourd’hui, je vous emmène visiter Nara en un jour, ancienne capitale impériale du Japon. De l’éminent Todai-ji au sanctuaire Kasuga Taisha, les trésors de la ville s’érigent autour du Nara Kôen, le parc aux cerfs. Dans cet écrin de verdure, réside les daims sacrés, considérés comme les messagers des Dieux. S’ils attisent la curiosité des voyageurs, visiter Nara en un jour réserve de belles suprises, pêle-mêle de temples, de machiya et de sanctuaires séculaires. Le temps d’une escapade depuis Kyoto ou Osaka, découvrez comment visiter Nara en un jour.
Sommaire
- Visiter Nara en un jour, comment y aller ?
- La Mochiidono Shopping Street
- Visiter Nara et l’Ukimido Pavilion
- Le quartier traditionnel de Naramachi et ses machiya
- Visiter Nara et le temple Kōfuku-ji
- Le Nara Kôen, à la rencontre des daims dans le parc de Nara
- Yoshiki-ji et Isuien, les jardins japonais de Nara
- Le Todai ji, le temple incontournable à visiter à Nara
- Le temple Nigatsu-do à visiter à Nara
- Visiter Nara et la forêt primitive de Kasugayama
- Visiter Nara et le mont Wakakusa
- Combien de temps et quand visiter Nara ?
- Que faire autour de Nara ?
- Où manger à Nara ?
- Un jour à Nara, mon avis
Visiter Nara en un jour, comment y aller ?


Comment se rendre à Nara ?
Visiter Nara en un jour est une expérience incontournable lors d’un voyage au Japon. Avantage indéniable, elle se situe à moins d’une heure de Kyoto et Osaka. Pour calculer vos itinéraires, je vous conseille le site Hyperdia.
À Nara, il y a deux gares, relativement proches l’une de l’autre :
- la gare Kintetsu : légèrement plus proche du parc de Nara
- la gare JR Nara : une gare plus importante et attenante à l’office de tourisme
💡Petite info : Visiter Nara à pied est tout à fait faisable. Pour vous déplacer plus rapidement, louer un vélo est également une belle expérience à condition de slalomer entre les cerfs.
Depuis Osaka, j’arrive par la gare centrale de Nara. L’office de tourisme propose des plans de la ville en français ainsi qu’un joli tampon kawaii à l’effigie de la mascotte de la ville. Puis je longe la Sanjo Dori Street et ses boutiques de souvenirs jusqu’aux abords du parc de Nara.
La Mochiidono Shopping Street


Comment s’y rendre ? 15 minutes à pied depuis la gare
Au bout de la Sanjo Dori Street, je bifurque vers la Mochiidono Shopping Street. La shotengai est composée d’échoppes vintages, de kissanten, ces cafés d’un autre temps, et d’un supermarché au sein d’une allée couverte. J’aime l’atmosphère rétro qui y règle, rappelant l’ère Showa (1926-1989).
💡Petite info : Dans la Sanjo Dori Street, je recommande les mochi de Nakatanidou et le melon pan de Nijiiro Melon.
Visiter Nara et l’Ukimido Pavilion

Comment s’y rendre ? 15 minutes à pied
Je fais un petit détour vers l’Ukimido Pavilion. Avancé sur l’eau, le kiosque en bois est ceint d’une végétation luxuriante, véritable halo de sérénité. La ville s’éveille peu à peu, encore alanguie par la rosée automnale. Un héron fend la brume à la surface de l’étang. Puis le brouillard se dissipe, et les premiers rayons de soleil percent les nuages. La lueur orangée des arbres inonde alors les berges. Le spot est assez romantique, et bientôt de jeunes couples vêtu d’habits traditionnels viendront prendre des photos.
Le quartier traditionnel de Naramachi et ses machiya


Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied
➡️Ouverture : les machiya ouvrent à partir de 9h jusqu’à 17h
Quartier résidenciel par excellence, Naramachi promet une agréable visite dans ses ruelles préservées. Le matin, les enfants se pressent vers le chemin de l’école, leurs cartables jaune sur le dos. En journée, les dames d’un certain âge viennent prier dans les temples environnants. Ici, l’on découvre le quotidien des japonais, loin des zones plus touristiques de Nara. Les ruelles de Naramachi regorgent de boutiques et de cafés comme le salon de thé Sarasa ou le magasin Naramachi Millet.

Je déambule jusqu’au Tsubai Market, un ancien marché couvert à l’ambiance suranné. Entre les étroits corridors, quelques commerces sont encore ouverts et dévoilent un lieu hors des sentiers battus à Nara. Par ailleurs, de nombreuses machiya sont présentes dans le quartier de Naramachi. Certaines de ces maisons séculaires en été transformées en petits musées dont :
- Naramachi Koshi-no-ie : jolie découverte d’une maison typique de l’époque Edo
- résidence Imanishike Shoin 今西家書院 : le personnel donne des explications sur la bâtisse et des boissons sont proposées au cour de la visite
- Naramachi Nigiwai-no-le : vaut la visite pour son beau jardin verdoyant
Visiter Nara et le temple Kōfuku-ji


Comment s’y rendre ? 12 minutes à pied depuis Naramachi
➡️Ouverture : 9h à 17h
Je rejoins finalement le célèbre temple Kōfuku-ji. Actuellement en rénovation jusqu’en 2032, la pagode à 5 étages et ses échafaudages se reflètent dans l’étang Sarasawa en contrebas. Elle est la seconde plus grande pagode du pays. Par ailleurs, le temple Kōfuku-ji lui-même est immense. À son apogée, plus d’une centaine de pavillons le composait. Aujourd’hui, il abrite notamment le musée des trésors nationaux. Déjà quelques cerfs shika déambulent entre les tuiles vernissées des édifices, signe que le parc de Nara n’est plus très loin.
Le Nara Kôen, à la rencontre des daims dans le parc de Nara


Comment s’y rendre ? 5 minutes à pied
Tout proche du temple Kōfuku-ji se trouve le célèbre parc de Nara. Plusieurs centaines de cerfs en liberté déambulent dans les rues de la ville. Scènes surréalistes, les daims patientent plus ou moins aux passages piétons, et traversent parfois au milieu de la route. Habitués aux visiteurs, ils se laissent approchés assez facilement à condition de ne pas se montrer trop insistants. Ils s’avèrent même collants lorsqu’il s’agit de nourriture. Ces derniers tenteront de vous amadouer en inclinant leur tête afin de recevoir un biscuit.
Au gré d’une agréable balade parmi les cerfs, le Nara Kôen connectent les temples et sanctuaires majeurs de la ville, comme le Todai ji ou le sanctuaire Kasuga Taisha. Par temps pluvieux, le Musée National de Nara offre une jolie visite à travers sa collection de céramiques et de reliques bouddhistes. Très prisé, le parc de Nara regorge également de recoins plus tranquilles, comme aux abords de la colline de Wakusayama.
💡Petite info : Je ne conseille pas forcément de nourrir les daims car ils peuvent être très insistants. Néanmoins, de nombreux stands vendent des shika senbei, gâteaux de riz pour 200Y.
Yoshiki-ji et Isuien, les jardins japonais de Nara

Comment s’y rendre ? 5 minutes à pied
➡️Ouverture : 9h à 17h
Deux jardins japonais se situent au sein du parc de Nara. Attenants l’un à l’autre, ils réservent une belle parenthèse de sérénité. Le plus connu est le Jardin Isuien. Au-delà de sa splendeur automnale, il se démarque également par son restaurant traditionnel, le Sanshu-tei. Ses frais d’entrée de 1000 yens donnent également accès à un petit musée. Le Jardin Yoshiki-ji et sa maison de thé se veulent plus tranquilles encore, pour visiter Nara en toute quiétude.
💡Petite info : Juste à côté des deux jardins japonais, le restaurant Soba-dokoro Kitahara est une belle adresse pour déguster des nouilles soba dans un cadre authentique.


Le Todai ji, le temple incontournable à visiter à Nara


Comment s’y rendre ? 15 minutes à pied
➡️Ouverture : 7h30 à 17h30
La porte Nandaimon
Après cette halte paisible, l’animation reprend son plein vers le Todai-ji, le temple immanquable de Nara. Depuis le parc de Nara, une longue allée mène jusqu’à la porte Nandaimon. Haute de 29 mètres, son gigantisme impressionne particulièrement. L’imposante porte sépare le monde profane de l’espace sacré. Elle est d’ailleurs gardée par deux colosses, les Niō ; protecteurs des mauvais esprits.
Le pavillon Daibustu den
Érigé en 743 à la demande l’empereur Shōmu, le Todai ji abrite la plus grande construction en bois du monde. Il s’agit du pavillon Daibustu-den et de son grand Bouddha de bronze, classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Reconstruit à deux reprises à la suite d’incendies, la dimension de la salle, qui a diminué d’un tiers, n’en reste pas moins bluffante. Le plafond, soutenu par d’épais piliers de bois grenas, encadre magnifiquement le Bouddha cosmique. Assis sur une fleur de lotus, c’est l’un des plus grands Daibustu du Japon avec celui de Kamakura.
Malgré l’affluence de visiteurs, son éminence me donne l’impression d’un face à face intimiste. Ses yeux mi clos m’enveloppent d’une aura bienveillante. Un rayon d’or au dehors l’effleure de reflets cuivrés. Puis les nuages recréent des zones d’ombre et de mystère sur sa silhouette immuable. Les variations de lumière lui confère un magnétisme supplémentaire.
💡Petite info : Il existe une ouverture dans un des piliers du Todai-ji. Sa largeur correspondrait à la taille de la narine de Bouddha. Si vous parvenez à rentrer à l’intérieur, votre chemin vers l’illumination serait simplifié.
Le temple Nigatsu-do à visiter à Nara


Comment s’y rendre ? 10 minutes à pied
➡️Ouverture : 24h/24
À l’orée du Todai ji, un torii vermillon précède une allée ceinte d’arbres majestueux. Les cerfs shika se dissimulent derrière leurs racines tortueuses. Quelques pavillons annexes s’égrènent dans les bois. Un escalier mène dans les hauteurs du Todai-ji. Au sommet de la colline, le temple Nigatsu-do révèle un superbe panorama sur Nara. Depuis son balcon, les anciens toits d’ardoise précèdent les infrastructures plus contemporaines de Nara. Les effluves d’encens embaument l’air, exacerbées par la nature environnante. Un érable flamboyant annonce le sanctuaire Tamukeyama Hachiman, tout proche.
Visiter Nara et la forêt primitive de Kasugayama

Comment s’y rendre ? 15 minutes à pied
Le restaurant Mizuya Chaya


Je m’éloigne du Todai-ji en direction de la forêt primitive de Kasugayama. J’emprunte une rue tranquille, jalonné de petits commerces d’un côté, et bordée par la colline Wakakusa de l’autre. Je débouche sur une clairière et sa maison au toit de chaume. Au milieu des feuilles d’automne, le restaurant Mizuya Chaya réserve un décor féerique. Je déguste un réconfortant bol d’udon dans la bâtisse. Depuis la fenêtre, j’aperçois les cerfs en pleine nature.
La forêt primitive de Kasugayama


En sortant de ce restaurant ghibliesque, je pénètre dans la forêt primitive de Kasugayama. Le long du chemin, plus de 2000 lanternes de pierre se mêlent aux racines des conifères. La forêt, ceinte de mousse et de lichens, baigne dans une atmosphère mystérieuse. De petits sanctuaires se camouflent derrière quelques feuillages exubérants. D’après la légende, la divinité Takemikazuchi, accompagné d’un cerf blanc, serait apparu à Nara, expliquant pourtant les cerfs shika y sont vénérés.
💡Petite info : Les lanternes de pierre de la forêt de Kasugayama sont allumées deux fois par an, durant le festival de Setsubun en février et de Obon en août.
Le sanctuaire Kasuga Taisha


➡️Ouverture : 7h à 17h
J’approche du sanctuaire Kasuga Taisha, classé au patrimoine de l’Unesco depuis 1998. Construit en 768, il abrite le mausolée du clan Fujiwara.
Sous le ciel céruléen, son architecture se fond à la dense végétation. La nervure carmin des érables jalonne l’enceinte vermillon du sanctuaire. Les feuilles d’or des ginkos encadrent les lanternes de bronze offertes par les fidèles. La lumière du soleil les nimbe d’une aura mystique, offrant une visite empreinte de sérénité.
💡Petite info : À proximité, le jardin Man’yo est particulièrement beau lors de la floraison des glycines en avril.
Visiter Nara et le mont Wakakusa


Comment s’y rendre ? 5 minutes à pied
➡️Ouverture : 9h à 17h
La journée se termine vers la colline Wakakusa. Son calme contraste avec l’affluence du parc de Nara. Les cerfs aussi semblent apprécier cette tranquillité. De jeunes biches se prélassent au pied des érables flamboyants et les plus téméraires gambadent dans la verdure. Je m’assoie dans l’herbe, parmi les familles japonaises et groupes d’amis, pour admirer le coucher de soleil. Le ciel se pare de teintes rougeoyantes. Au crépuscule, les pans de la colline irradient de lumière. Sur le chemin du retour, les couleurs automnales semblent décuplées dans le Nara Kôen.
💡Petite info : Une randonnée relie la forêt de Kasusayama à la colline de Wakakusayama. Véritable océan de verdure, le sommet de la colline est très apaisant en fin de journée, avec son panorama sur Nara en contrebas. Les cerfs, peut-être lassés de l’effervescence citadine, semblent eux aussi apprécier cette tranquillité, comme au Mont Misen, à Miyajima.
Combien de temps et quand visiter Nara ?
Si visiter Nara en un jour est possible, séjourner plusieurs jours permet d’apprécier davantage son atmosphère, notamment à l’aube et au crépuscule, en toute quiétude. Nara revêt des charmes singuliers tout au long de l’année. L’été, la forêt primaire de Kasugayama offre une halte ombragée salvatrice. Les périodes les plus prisées restent le printemps pour les cerisiers en fleurs et l’automne, durant le momiji, l’observation des feuillages automnaux.
💡Petite info : du 1er au 14 mars se déroule l’Omizutori, un matsuri millénaire. Chaque soir, d’immenses torches embrasent les alentours du Todai-ji. L’évènement atteint son paroxysme le 12 mars, au gré d’une cérémonie mémorable.
Que faire autour de Nara ?


À quinze minutes de la gare de Nara se trouve le Gyokuzo-in, shukudo permettant de passer la nuit chez les moines. Ce séjour dans le temple Shigisan Chōgosonshi-ji, est l’occasion d’expérimenter le shôjin ryôri, la cuisine végétarienne bouddhiste ainsi que la cérémonie du feu. La préfecture de Nara dissimulent quant à elle d’innombrables trésors. Dans les montagnes, Ikoma revêt une aura singulière avec ses escaliers cernés de lanternes. À Imaicho, les maisons traditionnelles sont remarquablement bien préservées. Asuka, l’ancienne capitale du Japon, s’explore au fil de ses mausolées et rizières. Uda est propice à la randonnée avec ses 48 cascades en pleine nature. Le temple Horyuji se targue d’être le plus ancien bâtiment en bois du monde. Hasedera se démarque par sa somptuosité…
Où manger à Nara ?


Visiter Nara passe aussi par ses adresses gourmandes, nichées dans de petites ruelles, au cœur de la forêt ou dans les shotengai, ces avenues couvertes délicieusement surannées :
- Nijiiro Melon : excellents melon pan dans la Sanjo Dori Street, la rue reliant la gare au parc de Nara
- Nakatanidou : juste à côté, cette boutique de mochi se démarque par sa confection à la vue de tous qui s’apparente à un véritable spectacle
- Soba-dokoro Kitahara : à deux pas des jardins Isuien et Yoshiki-en, ce restaurant propose de délicieuses nouilles soba dans un cadre traditionnel
- Machiya わ Cafe 壺音洞 : non loin de la gare Kintetsu, ce café, dans une belle machiya rénovée, est idéal pour déjeuner
- Mizuya Chaya : proche du sanctuaire Kasuga Taisha, un bol d’udon et de tempura se déguste simplement dans cette cabane au toit de chaume
Un jour à Nara, mon avis


Visiter Nara en un jour est une étape incontournable lors d’un voyage au Japon. Rien que pour son millier de daims en totale liberté, l’ancienne capitale impériale vaut le détour. Néanmoins, je pense que visiter Nara en un jour peut être décevant selon l’affluence et les sites découverts. Ce fut pour moi un coup de cœur, car j’ai alterné incontournables et pépites moins connues. Je reviendrai assurément pour explorer la préfecture de Nara et ses trésors méconnus.


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